COMMUNIQUE FINAL  

Il s’est tenu ce lundi 28 novembre 2022 dans la salle des réunions de l’EPST à Mbandaka, dans la province de l’Equateur/RDC, un atelier de présentation des cas aux parties prenantes. Organisé dans le cadre du projet « Observation communautaire des forêts pour la lutte contre les Moteurs Commerciaux de Déforestation et dégradation des forêts causés par les concessions agricoles et forestières dans l’ancienne province de l’Equateur : abrégé par MCD, cette rencontre avait comme l’objectif d’améliorer des pratiques des concessions accompagnées (PHC FERONIA, CCP LISAFA et NDEKE) pour le respect des droits humains et la protection des forêts tropicales.

En présence des parties prenantes concernées venues de Mbandaka et les deux territoires de Basankusu et Ingende, notamment les autorités politico administratives, les administrations centralisées et déconcentrées, les régies et services d’assiettes, les représentants des communautés locales riveraines des concessions suivies, les membres des organisations de la société civile et les professionnels des médias, le secteur privé dument invité n’a pas été représenté.

Deux allocutions ont introduit les travaux du jour : (i) le mot de bienvenue du coordonnateur du GASHE et (ii) le mot d’ouverture de l’autorité provinciale, représentée par le ministre provincial ayant les forêts dans ses attributions.

Monsieur Julien Mathe, Coordonnateur du GASHE a tenu à remercier tous les participants ayant accepté de répondre à l’invitation lancée par Gashe. Il a circonscrit le contexte de la mise en œuvre de ce projet qui permet aux communautés locales et peuples autochtones riveraines des concessions agroindustrielles et forestières de suivre les illégalités de leurs activités et autres abus des droits dans le contexte de la lutte contre la déforestation et la dégradation en lien avec les enjeux climatiques mondiaux, dont la RDC se présente comme pays-solution.

Il est revenu sur les activités réalisées par le projet entre 2018 et 2022 et que cette réunion concerne la présentation des cas observés par les communautés depuis le début de cette année. Il a remercié les parties prenantes pour leur collaboration dans la mise en œuvre des activités du projet depuis le début sans laquelle les activités n’allaient de dérouler comme planifiées, avant de remercier les autorités provinciales de l’Equateur pour leur accompagnement, la RainforestFoundation Norway RFN pour son appui technique et financier accordé à ce projet et la NORAD pour son appui financier.

A son tour, le Ministre en charge de l’Environnement de la province de l’Equateur a lancé les travaux en insistant sur le fait que la réunion est organisée pour permettre à tous les acteurs, principalement ceux du secteur privé non seulement de partager leurs expériences dans le travail du respect des lois et des droits humains, mais aussi les difficultés rencontrées afin de concourir ensemble aux efforts pour l’amélioration des pratiques sur terrain. Pour ce faire, il est nécessaire et impérieux de mettre à profit un tel cadre pour proposer les pistes des solutions, actions à mener et formuler des recommandations idoines dans ce secteur en vue de relever les défis pour le développement de la province en s’appuyant sur les interventions du GASHE et ses partenaires RFN et NORAD dans ce domaine.

La principale matière des travaux a concerné la présentation des cas sur un exposé présenté par le CP Papy OTOKA et les deux Présidents des comités des suivis des recommandations qui suivent les recommandations dans les deux territoires concernés. Tous ont peint un tableau ni blanc ni noir au départ teinté des efforts d’amélioration, la volonté des acteurs de se mettre ensemble pour discuter des cas et un travail à suivre pour atteindre des améliorations souhaitées par tous dans le secteur de la gouvernance des ressources naturelles et droits humains pendant les activités. Beaucoup de méfaits notamment le non-respect des SMIG des travailleurs, les vols par les communautés des produits des plantations, les acquisitions des petits espaces qui ne s’assemblent pas la suite pour faire des grandes concessions par les sociétés ; la réquisition des militaires pour traquer les communautés locales avec des perquisitions dans les villages ayant causé des dégâts et pertes en vie humaine à Boteka, etc.

Les Présidents des CSR sont aussi revenu sur leurs activités respectives dans les sites basées sur le dialogue multi acteurs pour un suivi régulier des activités dans leurs zones d’intervention.

Les représentants des communautés ont aussi fait des exposés en témoignage qui ont retracé les événements depuis l’installation de ces sociétés en 1911. Ils ont indiqué que pour CCP LISAFA par exemple, il s’agissait plutôt d’une société des communautés et les gens travaillaient pour la société et non pour le directeur comme le cas actuellement.

Les administrateurs des territoires de Basankusu et Ingende ont aussi à leur tour faits des exposés en témoignage de la situation dans leurs entités respectives. Parlant au nom de l’Etat, ils ont indiqué et martelé sur l’importance du travail a fait permettant de mettre les acteurs ensemble pour rechercher des solutions aux problèmes. Ils ont avoué que les efforts pour l’amélioration sont encore à fournir par toutes les parties prenantes y compris les communautés locales et peuples autochtones riverains des concessions agro et forestières.   

De ces exposés se sont suivis des échanges riches en données, des questions, interventions et éléments des réponses fournis, permettant aux parties prenantes de fournir des informations et autres éléments en vue d’aller vers le changement tant souhaité.

Deux groupes de discussions ont été constitué en vue de réflechir en carrefour. Ils ont travaillé autour des présidents des comités de suivi de recommandations de Boteka et Basankusu et ont analysé sur la base des exposés présentés, les points forts, les points faibles et les recommandations à formuler pour les acteurs.

De ces échanges et cogitations riches, à l’unanimité, les participants parties prenantes présents à l’atelier ont formulé des recommandations suivantes :

  1. Aux autorités provinciales et nationales :
  2. De veiller et faire respecter les lois et règlements en vigueur dans ce domaine par les exploitants ;
  3. Sanctionner les auteurs des actes passibles d’infractions dans et autour des concessions ;
  4. Améliorer les conditions sociales des agents et cadres de l’administration pour leur éviter la fraude et la corruption pendant les missions en les rendant autonomes ;
  5. Cesser et décourager les auteurs des trafics d’influences et interférences dans le suivi des activités des concessionnaires ;
  6. Procéder au retrait immédiat et sans aucune autre forme de procès les militaires FARDC qui sèment la terreur et la désolation des populations à Boteka ;
  7. Révisitassion des titres des concessionnaires agroindustrielles et forestières en vue de leur rendre autonome et plus
  8. Au secteur privé :
  9. De respecter des recommandations formulées : dotation des équipements
  10. Accorder les bourses aux enfants de la région
  11. Faciliter de voyage aux membres des communautés locales pour l’évacuation de leurs produits vers les centres commerciaux ; 
  12. Restitution et dédommagement des communautés de leurs terres accaparées ;
  13. Changement d’AGM PHC FERONIA/Boteka qui est à la base des incidents survenus ;
  14. Régulariser la situation sociale en signant des contrats avec les travailleurs utilisés abusivement
  15. Appliquer le SMIG tel que prévu par les lois du pays ;
  16. Organisation à Boteka d’un dialogue plus large et plus inclusif possible pour échanger et mettre fin à des pratiques abusives observées et décriées ;
  17. Reclassifier les emplois à Boteka.
  18. Aux communautés locales et peuples autochtones
  19. Créer des organisations internes et former les pères éducateurs pour poursuivre la sensibilisation dans les milieux respectifs autour des concessions ;
  20. Mettre fin au vol des fruits et sanctionner les auteurs malfaiteurs ;
  21. Promouvoir l’engagement des jeunes pour réduire le vol des fruits
  22. Rendre opérationnel des bons comités inclusifs de gestion des fonds perçus
  23. Eviter la destruction des forêts par l’extension des champs et plantation
  24. Veiller et dénoncer les voleurs des fruits en coopérant avec les services étatiques et sécuritaires
  25. A GASHE et la société civile de l’Equateur
  26. Accroitre les moyens financiers logistiques pour permettre de suivre les alertes et les recommandations ainsi que les réunions de dialogue ;
  27. Continuer à plaider auprès de l’Etat pour l’amélioration de la situation des sociétés et des communautés riveraines ;
  28. Continuer et renouveler le projet jusqu’à la maturation des acteurs
  29. S’investir pour un second projet qui permettra de consolider et faire évoluer positivement les choses ;
  30. Au partenaire technique et financier
  31. Apporter encore plus de l’appui technique et financier au GASHE et/ou autres organisations pour poursuivre avec ce travail et approches qui restent salutaires dans la gouvernance des ressources naturelles et lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts pour le bien de l’humanité entière.

                                                                                                     Les participants

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