Conflits des limites des terroirs, un obstacle pour l’aménagement du territoire

La problématique des limites entre les terroirs traditionnels villageois oppose bien des communautés locales en République Démocratique du Congo. Les communautés locales se tiraillent à gauche et à droit pour conserver l’intégrité historique de leurs terroirs. Certaines se traduisent même en justice. Certaines communautés de la province de l’Equateur, dans le territoire de Ingende, secteur de Elinga sont aussi confrontées à cette réalité. Ainsi, pour pallier à cette situation, un atelier de sensibilisation sur la résolution pacifique des conflits a été organisé par l’ONG GASHE à Ingende le lundi, 22 Août 2022.

Les communautés du groupement wangata et celles du groupement des Elinga entretiennent des conflits de limites depuis quelques années. Dans la tenure traditionnelle d’Isenga Monene, on retrouve 3 villages dont Isenga Monene, Ngomba et Bolima. Les deux derniers villages se trouvent dans deux autres groupement, respectivement BOKALA et BONGALE. Lorsque GASHE accompagnait les communautés du secteur de BOKATOLA à la phase de la cartographie participative des terroirs traditionnels villageois, il a été constaté une superposition.

Photo de famille prise à Ingende lors de l’aterlier de sensibilisation sur la gestion pacifique des conflits

« La communauté locale de Benkombo 2 a fait la cartographie de sa tenure, la moitié de cette tenure traditionnelle de Benkombo 2 s’est retrouvée superposer à celle de Bolombo, une tenure se trouvant dans le groupement de Wangata, dans le Secteur de Duali. Ces communautés ont déjà saisi les instances judiciaires de leur problème de limites et cela depuis plusieurs années »; explique Gislain Mawisa, Animateur communautaire.

Ainsi, devant cette difficulté qui impacte les activités de l’aménagement du territoire; GASHE a tenu une assise de sensibilisation à l’intention des autorités politico-administratives et coutumières ainsi que des membres des communautés en conflit envue de les présenter l’objectif du projet et de le conscientiser pour une gestion pacifique des conflits.

« L’Aménagement du Territoire vise la gestion durable des forêts, la gestion des conflits et la définition claire des espaces.  Ce processus se veut aboutir à une occupation spatiale cohérente dans tout le territoire de la République Démocratique du Congo. Nous exécutons ce projet dans le but d’aider les communautés locales à connaitre leurs limites traditionnelles et de les accompagner à l’élaboration de plan simple de l’aménagement du territoire des leurs terroirs. Ceci pour le permettre de prévoir pour les générations futures » ; dit Joseph BOLONGO, chargé de projet PATEQ.

Pour l’exécuter en bon escient, « nous devons aider les communautés à comprendre la logique du projet » a-t-il renchéri.

Déroulée dans une approche participative et interactive, cette activité a permis aux participants d’analyser leur manière de résolution des conflits des limites des terroirs.

« En toute franchise, ce notre première fois de participer dans ce genre de rencontre. Je pense que si nous pouvons avoir l’occasion d’en bénéficier régulièrement, nous ne pourrions plus penser à aller au niveau de la justice pour résoudre nos différends. Puis qu’en termes de temps, il nous prend beaucoup et nous n’arrivons pas à trouver de solution durable. Je suis convaincu que grâce à cet atelier, nous allons revenir sur le dialogue et c’est de là que nous trouverons une solution et nos enfants ne pourront pas hériter de nos conflits » ; déclare José NGELE ILONDO, chef de groupement des Elinga

Indiquons que le projet de la planification de l’Aménagement du territoire en Equateur est exécuté depuis 2020 par GASHE avec l’appui technique et financier de la Rainforest Fundation Norway sur le financement de NICFI. Il a comme objectif global de contribuer à la réduction de la déforestation et dégradation des forêts tropicales du bassin du Congo.  Il vise également à contribuer à la sécurisation légale des espaces et des droits des communautés locales à travers l’élaboration des PSAT et PLAT dans le secteur de Bokatola, territoire d’Ingende; et dans le secteur de Lusankani, territoire de Lukolela dans le souci de les accompagner vers un développement durable et harmonieux.

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